Un apport élevé en protéines peut modifier les marqueurs rénaux dès les premières semaines d’un régime, sans provoquer de symptômes immédiats. Plusieurs études révèlent que la consommation quotidienne dépassant 2 g/kg de poids corporel entraîne une augmentation de la filtration glomérulaire, un mécanisme d’adaptation du rein qui n’est pas toujours réversible.Certaines recherches mettent en avant une absence d’effets indésirables à court terme chez les sujets sains, tandis que d’autres observent une élévation du risque cardiovasculaire en cas de déséquilibre alimentaire prolongé. Les recommandations varient selon l’état de santé et l’intensité de l’activité physique.
Protéines et santé : ce que dit la science sur le cœur et les reins
Derrière l’apparente universalité du mot « protéine » se cachent des nuances qui bousculent les certitudes. Qu’elles viennent de la viande, des œufs, du poisson ou des pois chiches, les protéines ne se ressemblent pas et n’agissent pas de la même manière sur notre organisme. Des recherches multiples pointent du doigt un fait difficile à ignorer : quand la proportion de protéines animales augmente dans l’alimentation, le taux de cholestérol LDL suit la même courbe ascendante, faisant grimper le risque de maladies cardiovasculaires. Un menu dominé par la viande, pauvre en fibres et riche en mauvaises graisses, finit par peser lourd sur la santé métabolique.
Les reins, eux aussi, ressentent ce bouleversement. Une alimentation riche en protéines provoque souvent une élévation discrète de la créatinine, ce marqueur que les médecins surveillent comme du lait sur le feu. Pour une personne en bonne santé, cette variation reste généralement bénigne. Mais chez ceux qui partent avec une prédisposition ou une maladie rénale, le surplus de protéines peut devenir une charge difficile à compenser. L’Organisation mondiale de la santé rappelle l’importance d’ajuster les apports chez les personnes fragilisées et de surveiller attentivement ces populations.
Côté végétal, le tableau change de couleur. Les protéines issues des plantes, surtout quand elles s’intègrent à une alimentation variée et pleine de fibres, sont associées à une meilleure santé du système cardiovasculaire. Le cœur semble mieux s’en porter, à condition que l’équilibre alimentaire soit préservé. Origine des protéines, quantité, activité physique, état de santé : tous ces éléments entrent en jeu pour déterminer l’effet global sur l’organisme.
Pour clarifier ces différences, voici les grandes lignes à retenir :
- Apport élevé en protéines animales : hausse du cholestérol LDL, risque cardiovasculaire majoré.
- Protéines végétales : diminution du risque de pathologies cardiaques.
- Fonction rénale : adaptation possible, mais vigilance accrue chez les personnes fragiles.
À partir de quand l’excès de protéines devient-il risqué pour l’organisme ?
Les références chiffrées servent de repères, mais la réalité diffère d’une personne à l’autre. Dépasser régulièrement les 2 g de protéines par kilo de poids corporel place les reins sous tension. Chez certains, il suffit de quelques semaines pour voir l’urée grimper dans les analyses de sang, signe d’un organisme qui s’ajuste tant bien que mal. Les effets ne se manifestent pas en un claquement de doigts : l’excès s’accumule, et le corps l’enregistre à sa façon.
Les sportifs, aguerris à des apports conséquents et suivis de près, élaborent leur alimentation et leur récupération avec précision. Mais pour la plupart, maintenir sur la durée un régime riche en protéines, surtout animales, finit par laisser des traces sur le profil lipidique et le système cardiovasculaire. Dès que la consommation approche ou dépasse 1,5 à 2 g/kg/jour, la prudence devient le mot d’ordre, notamment si l’activité physique ne compense pas.
Le seuil n’a rien d’absolu. L’âge, l’histoire médicale, les habitudes de vie et la composition de l’assiette modulent la capacité de chacun à tolérer un régime protéiné. Pour illustrer la diversité des situations :
- Chez un adulte en bonne santé, la limite peut aller jusqu’à 2 g/kg/jour, mais il convient de rester vigilant au-delà.
- Pour les personnes présentant des risques rénaux ou cardiaques, la barre doit être placée plus bas et l’avis médical s’avère indispensable.
Le véritable facteur de risque, c’est l’accumulation sur la durée, en interaction avec le terrain de chaque individu. L’organisme s’adapte, compense, puis finit parfois par lancer des signaux qu’il serait imprudent d’ignorer.
Quantités recommandées, équilibre alimentaire et conseils pour les sportifs
Les besoins en protéines se dessinent selon l’âge, l’activité physique et la morphologie de chacun. L’Organisation mondiale de la santé propose un repère : 0,8 g par kilo de poids et par jour pour un adulte peu actif. Les sportifs, en particulier ceux qui cherchent à développer ou maintenir leur masse musculaire, peuvent viser entre 1,2 et 2 g/kg/jour, en modulant selon l’intensité de leur entraînement et leur récupération.
Mais au-delà des chiffres, la diversité des sources reste déterminante. Viandes, poissons, œufs, produits laitiers, mais aussi légumineuses et céréales doivent composer l’assiette. Les aliments d’origine animale apportent l’ensemble des acides aminés nécessaires, tandis que les protéines végétales, souvent accompagnées de fibres, enrichissent la variété alimentaire et améliorent la digestion.
Même avec un régime riche en protéines, négliger fruits, légumes et glucides complexes serait une erreur. Les fibres, vitamines, minéraux et antioxydants interviennent dans la récupération, la gestion de l’énergie et la préservation cellulaire. Un apport calorique mal ajusté, trop faible ou déséquilibré, expose à la fatigue, à la fonte musculaire ou à des perturbations hormonales.
Chez les sportifs, le mode de répartition des apports change la donne. Scinder les prises de protéines au fil de la journée, et privilégier la fenêtre juste après l’effort, stimule la reconstruction musculaire. Mais la protéine, seule, ne suffit pas : l’alliance avec des glucides adaptés et une hydratation soignée optimise chaque séance.
À l’heure où la protéine s’impose comme une vedette, chacun a intérêt à examiner de près ce qu’il met dans son assiette : quantité, origine, équilibre général. Car chaque corps a ses propres limites, et la frontière entre adaptation et surcharge n’est jamais écrite à l’avance.


