Le 20 mai 2024, l’USAP n’a pas seulement changé d’entraîneur. Elle a tranché dans le vif, sous la pression d’une saison qui menaçait de tourner court. Grégory Patat mis sur la touche, résultats « insuffisants » en guise de verdict, et un club qui cherche désespérément comment ne pas basculer dans l’oubli du Top 14. Déjà, la nomination de Franck Azéma, annoncée dans la foulée, agite la ruche catalane. Mais derrière les communiqués, les joueurs s’interrogent : cette valse des coachs changera-t-elle réellement quelque chose sur la pelouse et dans les têtes ?
Les dessous de la mise à l’écart de Grégory Patat : raisons, réactions et conséquences pour l’USAP
Impossible de rester indifférent face à la trajectoire de Grégory Patat. Issu du Gers, formé à Bassoues, capitaine reconnu du RC Auch, il a bâti sa réputation sur une rigueur sans fard et une approche du vestiaire marquée par le respect des hommes. À seulement 24 ans, il obtenait déjà son brevet d’entraîneur, preuve d’un appétit de leadership précoce. Son parcours l’a mené de Miélan-Mirande à l’USAP Perpignan, puis au Stade Rochelais, avec à chaque étape cette volonté d’imprimer sa marque. Jusqu’à Bayonne, où la mécanique s’est grippée.
Le lien avec Philippe Tayeb, président de l’Aviron Bayonnais, n’a jamais dépassé la sphère professionnelle. Certains observateurs lui reprochent un manque de fermeté dans la gestion de son staff, une distance qui aurait fini par creuser le fossé avec ses collaborateurs. Les échanges tendus avec Laurent Travers ont accentué son isolement, tandis que les cadres du club ont parfois évoqué une perte de repères, la sensation d’avoir été écartés des décisions stratégiques. Le terrain, impitoyable, a tranché : une seule victoire sur dix matchs, et l’édifice vacille.
À Perpignan, l’ère Patat laisse derrière elle plus de questions que de réponses. Les résultats mitigés, le turnover incessant sur le banc, la difficulté à s’adapter à l’exigence du rugby contemporain : autant de symptômes d’un malaise plus profond. Les supporters, eux, oscillent entre la nostalgie d’un club conquérant et la fatigue d’une reconstruction permanente. Ce n’est pas seulement l’homme de terrain qui a été jugé, mais toute une ligne de direction sportive.
Quant à la sphère privée de Patat, rien ne filtre ou presque. Son parcours ne trahit aucune information sur sa vie familiale ou conjugale. Inutile de chercher dans ses choix de carrière des indices sur son intimité : Patat garde ses secrets, et le rugby, lui, ne laisse entrevoir qu’une façade.
Nouveau coach à Perpignan : quelles perspectives pour l’équipe et quelles attentes du vestiaire ?
La nomination d’un nouveau coach à l’USAP Perpignan ne suffit pas à effacer les doutes qui minent le groupe. La récente série noire de l’Aviron Bayonnais l’a prouvé : la confiance ne se restaure pas d’un trait de plume. Elle se bâtit jour après jour, dans l’écoute et le dialogue, loin des promesses faciles ou des consignes descendantes venues du sommet du club.
Au quotidien, le vestiaire catalan ne réclame pas seulement un technicien : il attend un leader, une vision claire et une parole qui fasse autorité. Les cadres, comme les jeunes du centre de formation, observent prudemment le nouvel arrivant. Va-t-il réussir à ressouder le collectif, à redonner du sens à la fierté catalane ? Ce sont ces réponses-là que les joueurs guettent, bien plus qu’un simple changement de plan de jeu.
Du côté des tribunes, la patience s’amenuise. Les supporters, marqués par les hauts et les bas du Top 14 et les descentes en Pro D2, ne se contenteront plus de promesses. Ils veulent une équipe capable de rivaliser avec des formations comme le Stade Rochelais ou Bordeaux-Bègles, d’opposer une vraie résistance à la Section Paloise, et surtout de renouer avec les valeurs qui ont forgé l’identité du club.
Plusieurs leviers conditionneront la relance du club, et voici les priorités qui animent le vestiaire :
- Résultats : redresser la barre dès le début de saison, pour tourner la page d’une série de matches éprouvante.
- Remobilisation : chaque joueur, du pilier au demi d’ouverture, doit se sentir pleinement impliqué dans le nouveau projet.
- Relation staff-joueurs : rebâtir la confiance et la complicité, loin des crispations apparues lors du passage à Bayonne.
Le groupe attend désormais des réponses concrètes, pas des incantations. Perpignan cherche plus qu’un chef : il lui faut un fédérateur, capable de recoller les morceaux et de rallumer la flamme. La suite s’écrira sur le terrain, à la force du collectif ou dans la solitude du doute. Qui saura incarner ce renouveau ?


